Plus de 30 ans après sa première apparition, Toy Story revient pour une cinquième aventure avec un nouvel antagoniste très actuel : une tablette numérique… Un comeback qui nous a donné l’envie de revenir sur quelques jouets iconiques de l’histoire du cinéma.
Toy Story (1995) : L’histoire sans fin
Un cow-boy et un astronaute se disputent l’amour d’un petit garçon. Dit comme ça, ça peut inquiéter, mais non, ce n’est pas ce genre de film… Allégorie de l’histoire du cinéma — le western supplanté par la science-fiction — Toy Story reste le premier long métrage en images de synthèse. Pixar pose ici les bases de son identité : maestria visuelle, écriture mature et humour intergénérationnel. Quatre suites plus tard, la saga évite toujours « l’épisode de trop » pendant que la concurrence (Shrek, Moi, moche et méchant…) s’essouffle.
Small Soldiers (1998) : Il faut sauver le soldat railleur
Dans la boutique familiale, un adolescent met en rayon une gamme de figurines opposant gros bras surarmés et créatures pacifistes (Expendables contre Pat’ Patrouille, en gros). Il ignore que les jouets embarquent une puce militaire. Truffé de références cinématographiques et de clins d’œil aux films de guerre, Small Soldiers, signé Joe Dante — le papa des deux Gremlins — déploie un savoureux pamphlet antimilitariste porté par une belle inventivité visuelle et un casting vocal prestigieux, de Tommy Lee Jones à Ernest Borgnine.
L’Indien du placard (1995) : Calumet, le feu
Un jeune garçon reçoit un placard pour son anniversaire. Non, ce n’est pas une métaphore façon La Vie d’Adèle (vous êtes lourds), mais un artefact magique donnant vie aux objets inanimés ! Dans la lignée de L’Histoire sans fin (1984), ce long-métrage parle aux enfants sans sombrer dans la condescendance. Sous son récit fantastique, l’œuvre aborde solitude et acceptation de l’autre. Accueillie avec tiédeur à sa sortie, cette jolie histoire très 90’s mérite pourtant d’être redécouverte et constituerait une belle porte d’entrée au cinéma pour les plus jeunes.
Jeu d’enfant (1988) : Toys don’t cry
Mourant, un serial killer utilise le vaudou pour transférer son âme dans une poupée. Et qu’est-ce qu’on fait au cinoche quand un jouet se retrouve possédé par une force démoniaque ? On l’offre à un gosse défavorisé ! Portée par Brad Dourif (Gríma dans Le Seigneur des anneaux), la saga Chucky aligne tous les atours du slasher sauce 80’s : effets spéciaux débrouillards, gore et autodérision. Les mauvaises langues diront qu’au fil du temps la poupée trash s’est noyée dans le cabotinage et le mauvais goût assumé. Pas faux, mais le plaisir des débuts reste intact.
Toys (1992) : Où sont les fables ?
À sa mort, un industriel du jouet confie son usine à son frère, un général psychorigide. Si ça vous paraît trop bête pour être vrai, dites-vous que Mark Zuckerberg a investi 80 milliards dans le métavers. Dans les années 90, la mainmise de l’armement sur l’industrie du jouet relevait visiblement de l’angoisse collective. Trop loufoque, le film de Barry Levinson connaît l’échec à sa sortie, malgré la popularité de Robin Williams et une bande originale signée Hans Zimmer. Dommage, car ses décors de conte industriel et son humour mélancolique valent largement le détour.
AXEL KRIEF
Toy Story 5, attendu au cinéma le 17 juin 2026
