Cet été, Christopher Nolan s’attaque à l’un des récits fondateurs de la littérature avec L’Odyssée. De quoi remettre le péplum au centre de la carte. Avant de retrouver Ulysse sur grand écran, retour sur cinq monuments du genre, entre gladiateurs, héros grecs, batailles titanesques et muscles luisants.
Ben-Hur (1959) : For Char
Le monument absolu du péplum hollywoodien, récompensé par onze Oscars.
Avec ses onze Oscars, Ben-Hur fait office de « boss de fin » du péplum aux côtés de Spartacus (1960) et de Cléopâtre (1963). Le film demeure une lettre d’intention de l’Oncle Sam : mettre une raclée au divertissement d’après-guerre. C’est d’ailleurs ici qu’Hollywood révélera l’un de ses plus fidèles porte-étendards : Charlton Heston, acteur des Dix Commandements (1956) et de La Planète des singes (1968), qui s’illustrera surtout dans les dernières années de sa carrière par son lobbying pro-flingues (c’est une autre histoire…).
Jason et les Argonautes (1963) : Toison Ivy
Ray Harryhausen offre au cinéma l’une des plus belles galeries de monstres de son histoire.
Citer Jason et les Argonautes dans une sélection sur le péplum flirte avec le marronnier. Qu’à cela ne tienne, on va le faire quand même (et toc !). Si l’œuvre de Don Chaffey reste à ce point indétrônable, c’est pour la générosité de sa galerie de monstres, animée par un géant du cinéma : Ray Harryhausen. Certes, aujourd’hui, ces effets pratiques « pâte à modeler » paraissent un peu désuets. Mais quand on laisse de côté son scepticisme pour donner libre cours à l’enfant qui sommeille en nous, c’est l’émerveillement qui prend le dessus.
Gladiator (2000) : Mad Maximus
Ridley Scott ressuscite le péplum avec un classique instantané.
Vous souvenez-vous quand toutes les salles de muscu du monde affichaient un poster de Russell Crowe ? À une époque où Ridley Scott (Blade Runner, Alien…) était encore motivé par son art, il nous livre une fresque épique avec un héros iconique, un méchant sadique et Hans Zimmer aux platines. Un sans-faute devenu instantanément culte, aussi brillant par sa simplicité que par sa capacité à réinventer le genre. Le type de monument qu’il faut laisser en paix et ne SURTOUT PAS affubler d’une suite médiocre. Noté ?
Troie (2004) : Troy Story
Brad Pitt, Orlando Bloom et Sean Bean dans un péplum spectaculaire mais imparfait.
Inspiré par le triomphe de Gladiator, Wolfgang Petersen (Le Bateau, L’Histoire sans fin…) s’essaie lui aussi au péplum. Son ambition : renouer avec le faste et le souffle épique de l’âge d’or hollywoodien. Pour ce faire, il opte pour un casting qui fleure bon le sable chaud : Brad Pitt, Orlando Bloom, Sean Bean, Diane Kruger… Le compte n’y est pas, le film peinant à faire ses choix entre tradition et modernité. Mais profitons de ce que Troie a à offrir : du grand spectacle, un dernier grand rôle pour Peter O’Toole et le crop-top de Brad !
300 (2006) : Le Seigneur des abdos
Un blockbuster aussi controversé qu’efficace signé Zack Snyder.
Quand un réalisateur un peu beauf rencontre un scénariste un brin fasciste, cela donne 300. Zack Snyder (L’Armée des morts, Watchmen…) adapte le roman graphique de Frank Miller (Sin City, The Dark Knight Returns…). Le pitch : 300 machos spartiates en slip partent en guerre contre une armée de méchants envahisseurs perses. Si vous avez l’impression d’assister à un plaidoyer pour l’invasion de l’Irak en 2003, c’est normal. Si vous avez un arrière-goût de xénophobie dans la bouche, c’est aussi normal. Problème : le film est super divertissant ! Alors que faire ? Dé*erdez-vous !
AXEL KRIEF
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