Que faire à Nantes cette semaine ? Humour, rock, jazz expérimental, théâtre, festivals et concerts : voici les sorties sélectionnées par Grabuge du 28 septembre au 4 octobre 2026 à Nantes et dans les environs.
SPECTACLES
Panayotis Pascot : Sonic youth
Avec Entre les deux, Panayotis Pascot poursuit son exploration drôle, intime et absurde du passage à l’âge adulte.
Révélé en 2015, à seulement 17 ans, comme chroniqueur au Petit Journal de Yann Barthès, puis à Quotidien, le natif d’Évry a grandi sous nos yeux, sur les planches comme à l’écran. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte est d’ailleurs l’un des thèmes récurrents de ses spectacles. Son premier one-man-show, Presque, nous avait autant émus que fait rire aux éclats. Après PNL, les rappeurs sensibles, on avait donc droit à l’humoriste sensible. On y découvrait un personnage fin, intelligent, curieux de ses semblables et profondément sincère. Avec son second seul-en-scène, Entre les deux, Panayotis Pascot continue d’explorer cette transition vers la maturité d’une génération « d’enfultes » (marque déposée Grabuge), toujours avec autodérision, absurdité et sarcasme. Et si l’on souligne souvent son humour touchant et intime, n’oublions pas l’essentiel : avant tout, il nous fait crever de rire.
CRYSTAL LE GUELLEC
Date : du 28 au 30 septembre / 20:45
Lieu : Théâtre de la Fleuriaye (Carquefou — 44)
Prix : 29 à 44 euros
Festival Fauves : Case guépard
Théâtre, danse, arts plastiques et créations émergentes investissent le TU pour la cinquième édition du festival Fauves.
Fauves met en lumière les premières œuvres d’artistes émergents de la scène nantaise. Pour sa cinquième édition, le festival imaginé par le Théâtre Universitaire (TU) laisse place à toutes les formes de créativité : œuvres participatives, ASMR, arts plastiques ou encore théâtre. On y retrouve La Légende de Médée et Jason du début à la fin, revisitée et détournée. Entre intrigues familiales, trahisons et jeux de pouvoir, ce récit antique n’a finalement pas grand-chose à envier à nos séries Netflix. Autre proposition marquante : The Aborrrtion Ship de Mathilde Wind suit une gynécologue-obstétrique confrontée au délitement du service public et rappelle que la lutte pour le droit à l’avortement continue. Enfin, Bal Magnétique débute par une performance dansée avant d’inviter progressivement les spectateurs à rejoindre les artistes et à se défouler. Une petite valse qui se transforme vite en dancefloor endiablé.
GAÏA LAURIÈRE
Date : du 29 septembre au 15 octobre
Lieu : TU (Nantes — 44)
Prix : 0 à 16 euros par spectacle
Toute la programmation et billetterie
Terreur de Gaël Le Guillou-Castel : Triviale poursuite
Dans Terreur, le public devient jury d’un procès où droit, morale et sacrifice de vies humaines entrent en collision.
Un pilote de l’armée abat de sa propre initiative un avion détourné qui se dirige vers un stade. Est-il justifié de sacrifier 164 vies innocentes pour en sauver 70 000 ? Jurés improvisés, les spectateurs auront la lourde tâche de condamner ou non cet acte qui va à l’encontre de la Constitution. Tiré de la pièce de l’avocat et écrivain Ferdinand von Schirach, Terreur explore la fine ligne entre rationalité juridique et morale. Gaël Le Guillou-Castel signe ici une mise en scène épurée, qui fait écho aux controverses provoquées en Allemagne par une loi autorisant l’armée à abattre un avion civil en cas d’extrême nécessité. Les verdicts de ce procès fictif, recensés en ligne, révèlent d’ailleurs d’importantes différences selon les pays : au Japon, le public a majoritairement jugé l’accusé coupable, tandis qu’en France, il l’a très largement acquitté.
MEI LINDA PICHETTO
Date : samedi 3 octobre / 17:00 et dimanche 4 octobre / 16:00
Lieu : Théâtre de la Fleuriaye (Carquefou — 44)
Prix : 34 euros
CONCERTS & FESTIVALS
1984 : Flamme des années 80
Le trio 1984 transforme la science-fiction d’Ursula K. Le Guin en un jazz ambient expérimental et dissonant.
Coïncidence ? Je ne crois pas. Les membres du groupe 1984 devaient se trouver. Année choisie par Orwell pour sa célèbre dystopie, 1984 est aussi celle de la naissance des trois musiciens, qui partagent une fascination pour la science-fiction. Le guitariste belge Kobe Van Cauwenberghe, la saxophoniste française Sakina Abdou et la « platiniste » anglaise Mariam Rezaei se rencontrent en 2025 et se posent une question : que donnerait la musique décrite dans le roman d’Ursula K. Le Guin, Les Dépossédés ? Pour le savoir, il faut la créer. Avec l’album The Forward Process, la fiction devient musique : un jazz ambient aussi expérimental que dissonant.
CARLA CHEVALIER
Date : mercredi 30 septembre / 20:30
Lieu : Pannonica (Nantes — 44)
Prix : 5 à 14 euros
Brigitte Calls Me Baby : Appelle-moi Papa
Les Américains de Brigitte Calls Me Baby ramènent leur indie pop romantique et très 80’s au Ferrailleur.
On attend de pied ferme les Américains de Brigitte Calls Me Baby depuis que leur pop élégante et romantique a fait son apparition dans le paysage musical, il y a deux ans, avec l’album inaugural The Future Is Our Way Out. Le leader, Wes Leavins, possède une voix et un charisme qui le placent aux côtés de glorieux ancêtres tels que Ian McCulloch ou Morrissey. Rien que ça ! Leur tout nouvel album, Irreversible, les voit passer à la vitesse supérieure : certes, on reste sur une lumineuse route indie pop très 80’s, aux paysages familiers, mais le groupe y insuffle une fougue juvénile qui vient tailler des croupières à Franz Ferdinand ou Interpol !
LIONEL DELAMOTTE
Date : mercredi 30 septembre / 20:30
Lieu : Le Ferrailleur (Nantes — 44)
Prix : 23 euros
Arianna Monteverdi : Larmes fatales
De l’americana à la dream pop, Arianna Monteverdi présente son deuxième album à Stereolux.
Arianna Monteverdi trace son sillon. D’abord acoustique et solitaire, son répertoire est ensuite passé à l’électrique et à des formules plus étoffées et intenses pour explorer des territoires plus vastes, de l’americana à la dream pop en passant par l’indie rock. Un album et quelques EP en témoignent ! A Marvelous Notion, son second album, enregistré avec le musicien et producteur Francis Lung (ex-WU LYF), vient transformer l’essai et l’inscrit dans une longue lignée musicale, de Joan Baez à PJ Harvey, jusqu’aux plus contemporains Angel Olsen ou Big Thief. L’album s’écoute d’une traite, aérien et rêveur, du piano voix à peine accompagné de quelques cordes (Young and Free) aux épopées psyché (French Toast), voire échevelées (Flowerbed, la plus longue plage du disque), sans oublier l’excellence pop (Take a Chance). Un chemin réussi de l’intime à l’universel.
LIONEL DELAMOTTE
Date : jeudi 1er octobre / 20:30
Lieu : Stereolux (Nantes — 44), avec Wolfwine
Prix : 10 à 16,80 euros
Didier Super à l’Orval’fest : Last night a Didier saved my life
Didier Super transforme son répertoire en métal pour un concert caritatif avec Cachemire et Residents.
Une fois n’est pas coutume : Didier Super s’apprête à pousser une gueulante, et une sévère. Histoire de pousser encore plus loin le « je-ne-fais-pas-dans-la-dentelle », le chanteur revient avec des reprises de son répertoire… en version métal. Un album dernier cri sobrement (?) intitulé Les 13 versions sataniques. Car de sobriété, il sera peu question ici : l’artiste est remonté, ses textes remis au goût du jour et les potards poussés au max. Résultat : ça joue fort, ça chante faux, ça use du 15e degré jusqu’à la moelle et c’est finalement salutaire au possible. Cet objet vocal non identifié ramène ses basques pour la septième édition d’Orvalfest à l’occasion d’un concert caritatif organisé par les sapeurs-pompiers de Nantes-Orvault au profit de l’association ASAP for Children. Comme quoi, donner de la voix, même outrancière à dessein, peut donner du baume au cœur.
LOUIS CHAUVIN
Date : vendredi 2 octobre
Lieu : Salle festive Nantes Nord (Nantes — 44), avec Cachemire et Residents
Prix : 22 euros
Sonocraft #7 : Stout toujours
Concerts aventureux et microbrasseries engagées se rencontrent pendant trois jours à l’Atelier de Bitche.
Sonocraft fête sa 7e édition et fait honneur à l’ornithorynque qui trône sur son affiche : ici, difficile de rentrer dans une case. Radical Kitten met une claque post-punk au patriarcat, Mary Ocher pose son piano entre les ruines de Berlin et les ombres de Weimar, tandis que Gliff se fera tatouer par six mains sur scène, micros contact branchés sur la peau (trigger warning pour les bélonéphobes). Le salon brassicole suit : pas de hype, mais des microbrasseries engagées et ultralocales. Namnèt brasse depuis dix ans dans un vieux pressoir, Laupia cultive ses propres céréales, Maze a commencé dans des ateliers d’artistes et Bouyer, absent des grandes surfaces par choix, milite pour la biodiversité locale… Musique et artisanat partagent le goût des chemins de traverse, à l’heure où l’on a plus que jamais besoin de sortir des sentiers battus.
LOUISE PLESSIER
Date : du 2 au 4 octobre
Lieu : Atelier de Bitche (Nantes — 44)
Prix : gratuit, 8 à 10 euros par soir
Plus d’informations et toute la programmation
Liars : Nous C noise
Angus Andrew ramène Liars à Nantes avec un rock expérimental et électronique désormais nourri par son combat écologique.
Ils étaient quatre, ils ne sont plus… qu’un. Liars, le « groupe » d’Angus Andrew, compose et explore depuis 1999. En début de carrière, le quatuor sort They Threw Us All in a Trench and Stuck a Monument on Top, rempli d’influences punk, funk et d’un soupçon d’électro, avant de s’essayer au rock bruitiste deux ans plus tard. En 2006, les autres membres quittent le groupe. Depuis, l’Australien expérimente avec un ensemble de collaborateur·ices. Son onzième album, A Ban on Plastic Bag Bans, sortira en mars 2027 et raconte son combat contre la pollution industrielle dans le Michigan. Une lutte vaine qui nourrit de grandes frustrations chez l’artiste. Sorti le 9 septembre, le single Ice Pick, Kalamazoo mélange rock expérimental et électro dans une ambiance tendue et sombre. Liars passe ainsi du « projet évolutif » au combat politique.
CARLA CHEVALIER
Date : samedi 3 octobre / 21:00
Lieu : Le Lieu Unique (Nantes — 44), avec Oonagh Haines et Pauline Gompertz
Prix : gratuit
The Surfrajettes : Sixties impératrices
Surf rock, sixties et reverb’ à volonté : The Surfrajettes et Les Kitschenette’s remontent le temps au Black Shelter.
Attention, double affiche d’exception pour qui chérit les silver 60’s bien vintage. D’un côté, Les Kitschenette’s, vaillant sextet en provenance de Saint-Malo, qui ravive l’époque de Nino Ferrer, Ronnie Bird, Dutronc et consorts ! Adeptes de la langue française loufoque, Lucille et Ludo adaptent même leurs reprises : c’est ainsi que Send Me a Postcard de Shocking Blue est devenu Envoie-moi un sexto ! De l’autre, les quatre Canadiennes des pimpantes Surfrajettes offrent un ticket direct vers les pionniers du surf rock, des Ventures aux Surfaris en passant par le maître Dick Dale ! La reverb’ est reine sur leurs instruments survitaminés. Let’s have a party !
LIONEL DELAMOTTE
Date : samedi 3 octobre / 21:00
Lieu : Black Shelter (Nantes — 44), avec Les Kitschenette’s
Prix : 16 à 18 euros
BCUC : 7 à la maison
Afro-psychédélique, funk, hip-hop et punk-rock : le collectif sud-africain BCUC débarque à Little Atlantique Brewery.
« Sans aucun doute le meilleur concert que j’ai vu », témoigne Gilles Peterson, légendaire DJ et chroniqueur radio. BCUC, acronyme de Bantu Continua Uhuru Consciousness (« Le peuple bantu est en marche vers la liberté de conscience »), impose l’Africangungungu, un mélange unique d’afro-psychédélique, funk, hip-hop et punk-rock. Depuis 23 ans, le groupe sud-africain mêle chants puissants, percussions enflammées et instruments en tout genre. En 2023, il reçoit le prestigieux WOMEX Artist Award, qui récompense notamment ses textes engagés, porteurs d’émancipation et de courage, chantés en 11 langues. Son récent cinquième album, The Road Is Never Easy, dépeint un Soweto post-apartheid où les rêves de liberté se heurtent aux inégalités toujours présentes.
MEI LINDA PICHETTO
Date : dimanche 4 octobre / 20:00
Lieu : Little Atlantique Brewery (Nantes — 44)
Prix : gratuit
Doodseskader : L’agence tout rixe
Rap, grunge, metalcore et électro s’entrechoquent dans la musique sombre et cathartique du duo belge Doodseskader.
Rap, grunge, metalcore et électro : peut-on vraiment coller une étiquette à Doodseskader (« escadron de la mort » en flamand) ? Le duo belge, qui a produit trois albums depuis 2020, est clair : à bas les normes et les formules ! Pas de récits fictifs, pas de personnages : seulement leur vécu, retranscrit sans filtre dans des morceaux aussi sombres et cathartiques que dansants et enragés. Opposés à « l’homogénéité de la musique », le bassiste Tim De Gieter (ex-Amenra) et le batteur Sigfried Burroughs se partagent le micro et cultivent les contrastes. Sur scène, la vulnérabilité et l’introspection se transforment en une énergie intense et destructrice.
MEI LINDA PICHETTO
Date : dimanche 4 octobre / 19:00
Lieu : Le Ferrailleur (Nantes — 44), avec Nemode
Prix : 22 euros
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