BÉLIER (21.03 – 19.04)
La terrasse non déclarée, à moitié sur le trottoir, à moitié sur le passage piéton : il faut bouger cinq clients dès qu’un fauteuil roulant passe. L’urbanisme ferme les yeux depuis la promo -50 % sur le Suze-Tonic.
TAUREAU (20.04 – 20.05)
Là où l’on peut manger une choucroute de 6h à 23h sous un parasol immense floqué d’une marque de bière alsacienne, avec une odeur de renfermé même en extérieur. On y sert un pinard très moyen qui accompagne bien les rognons.
GÉMEAUX (21.05 – 21.06)
Le café littéraire où l’on croise tous les profs de philo. Un cendrier géant, où l’on entend des échanges houleux sur La République de Platon, en buvant des cafés très forts qui assèchent les muqueuses.
CANCER (22.06 – 22.07)
La terrasse-jardin cachée, envahie l’été par des citadins en quête de verdure et par les frelons asiatiques. Les fruits du cerisier du voisin offrent un revêtement particulièrement glissant, déjà trois chevilles de serveuses qui y ont laissé un bout de tendon…
LION (23.07 – 22.08)
La dernière terrasse à la mode, avec bière brassée sur place, pet’nat’ et houmous germé à 15 € la bolinette. On y gare son vélo cargo en after-work après un vendredi de TT pour débriefer le brainstorming.
VIERGE (23.08 – 22.09)
La terrasse rangée en quinconce telle une armée romaine. Les serveurs rangent bruyamment les chaises pour signifier que le but est moins de prendre le soleil que d’offrir une géométrie harmonieuse.
BALANCE (23.09 – 23.10)
Le mange-debout avec tabouret minuscule pour les clients qui sont là sans être là, parce qu’ils ne vont pas rester — « tu comprends, demain y a école » — alors qu’ils vont encore faire la clôture et aider le patron à essuyer les verres.
SCORPION (24.10 – 22.11)
La terrasse coincée entre deux immeubles qui ne voit jamais le soleil. Les concerts de métal sur 4 m² n’incitent pas les voisins à soutenir la pétition contre le rachat par un promoteur et son immeuble de standing.
SAGITTAIRE (23.11 – 22.12)
La terrasse façon Tiki, avec faux palmiers en plastique. La fine fleur des backpackers de la région y sirote un cocktail pas bon et cher, en se remémorant la fois où « tu te rappelles, on nous a volé nos passeports en Thaïlande ».
CAPRICORNE (23.12 – 20.01)
La terrasse coworking, supplément WiFi, où l’on vient uniquement pour bosser. Il y règne un silence digne d’un wagon « no kids », et les plus gros contrats du département s’y signent entre un thé fade et un citron à l’eau.
VERSEAU (21.01– 19.02)
Le rooftop de squat en attente de démolition. Les sièges sont en palettes, les tables en bidons d’essence et les cendriers inexistants. La localisation se transmet de bouche à oreille jusqu’à ce que l’oreille en question soit celle de la DGCCRF.
POISSON (20.02 – 20.03)
Le bord de Loire orienté sud/sud-ouest qui accueille les étudiants en socio et les chômeurs longue durée. Dès 20h, c’est aussi présentable qu’un bac de tri sélectif verre et assimilés, et aussi odorant qu’un chiotte public de départementale.
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